Publié mercredi 5 mars 2008 à 21h11
par
Pierre_Kanuty
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Plus personne n’ignore l’importance du développement durable. C’est devenu un aspect désormais incontournable des politiques publiques, de la production et de la recherche. Fini le temps où l’écologie n’était la marotte que de quelques chevelus nostalgiques des années 70. A mesure que l’on avance dans le temps, les effets du réchauffement climatique, de la raréfaction des ressources se font sentir de plus en plus.
Cela appelle une révolution culturelle dans la pensée de la gauche et d’ailleurs cela a été engagé depuis quelques temps.
Après le temps de l’indifférence est venu le temps de la réparation. On produit, on consomme, puis on nettoie. A l’évidence, ça ne suffit pas. L’ampleur de la pollution ne vient pas de la seule consommation, mais aussi de la production. D’ailleurs, c’est tout le système économique qui est concerné : la production mobilise les ressources naturelles dans une quantité que la disponibilité des sols ou des sous-sols ne peut suivre et la consommation, à l’autre bout de la chaîne entraîne une pollution que la biodégradation ne peut entièrement digérer.
De la même manière que les sociaux-démocrates ont évolué dans leur conception de l’état providence redistributeur à l’état-providence anticipateur et prévoyant, c’est toute la conception de la production qui doit être repenser en termes écologiques. C’est dans la conception même de l’exploitation et la transformation des ressources qu’il faut repenser. On peut imaginer la confection de normes écologiques qui permettent de mesurer le risque polluant d’un processus de fabrication ou de l’utilisation d’un produit. On peut imaginer une incitation fiscale selon le principe : plus ça pollue, plus c’est taxé.
La modification des comportements de consommation en vertu des impératifs écologiques est déjà en train d’entrer dans les mœurs. C’est un combat culturel de longue haleine car la consommation de masse, l’accumulation, sans lien direct avec les besoins réels est le résultat du système économique dans lequel nous sommes. La surconsommation génère des profits, mais elle provoque des gaspillages.
Puisque la menace est globale, la réponse doit être elle aussi globale. Mais seules des sociétés avancées peuvent décider politiquement de faire ce qui est encore aujourd’hui un choix fait par des gens conscients des risques. Dans les pays en voie de développement, la chose relève d’un luxe car le besoin immédiat est de produire plus pour s’enrichir plus. Ce qui serait une norme internationale serait alors un frein au développement.
C’est la raison pour laquelle il faut penser le développement, également selon l’impératif écologique, et cela d’autant plus que la raréfaction des ressources et les effets du réchauffement climatique sont particulièrement perceptibles dans les pays dits « du sud ».
On n’y parviendra pas si on oppose croissance et écologie. C’est pourquoi, si la consommation responsable relève d’une norme sociale issue d’un combat culturel et d’une action dans les mentalités qui pourrait même être encadrée par la loi, la production écologique peut être un enjeu technologique. Créer de nouvelles technologies de production responsable peut devenir un défi à relever intéressant. Cela peut créer de nouveaux marchés et entraîner une concurrence utile.
Voilà un des sujets que le mouvement progressiste européen peut initier et que quelques états voir l’Union européenne peuvent approfondir.
Commentaires
1. Tout à fait d'accord. par frederic.vareillas
le vendredi 7 mars 2008 à 03h34
Bonjour,
Tu peux aussi lire "vers un monde ressources rares" par Eric Orsenna et le Cercle des économistes :
Remplaçons, au niveau mondial , la gestion de l'économie par flux d'argent par une gestion de l'Economie par et selon les flux d'energie et leur coût total réel.
Egalement : "La revanche de Gaïa (sauver la Terre avant qu'elle ne nous détruise)", par Sir James Lovelock , de la royal Society, climatologue et météorologiste , sur le passage obligé en Europe d'une transition par le nucléaire, contre le réchauffement et les déchets carbonnés en sur-excès.
Ils ont aussi des sites web sur moteur de recherche.
Amitiés socialistes,
Bon courage,
Frederic (Paris, Fr)
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