Publié dimanche 29 juin 2008 à 15h09
par
stephane.veyret
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« Unis dans la diversité », tel est le slogan qui a été adopté pour l'Europe. Mais quelle diversité souhaitons-nous vraiment ? Une diversité absolue, où l'on ne pratique aucun échange entre les peuples, où chacun garde sa propre culture, sa propre langue et ne cherche pas à communiquer avec ses voisins ? Ou une diversité limitée, où l'on fait en sorte que toute l'Europe s'exprime dans une même langue et se reconnaisse dans des valeurs similaires ? Aujourd'hui, il semble que c'est ce second choix qui a été fait, avec l'anglais comme langue commune, et les valeurs des États-Unis comme base de notre culture, au détriment de nos propres coutumes.
La France, pays réputé pour sa tolérance se dote de lois de plus en plus strictes, alors que les adolescents se reconnaissent de plus en plus dans les cow-boys qui, au nom d'une certaine idée de la justice, se permettent d'ôter la vie aux hors-la-loi… La France, pays réputé mondialement pour sa nourriture voit fleurir de plus en plus de « fast-food » au coin de ses rues. Le français, la langue des lumières, langue de Molière, Victor Hugo, et nombres d'autres auteurs illustres, perd de plus en plus de son attrait. On ne dit plus les « affaires », mais le « business », la direction, mais le « management », etc. Au sein même de l'élite (industrielle) française, on nous conseille d'abandonner nos combats dépassés, d'accepter le modernisme, et de parler anglais. Cet état de fait, que l'on aurait jamais toléré si on nous l'avait imposé il y a quelques décennies, est devenu naturel en s'imposant petit à petit dans nos vies.
Je parle de la France et du français parce que français je suis, et que je préfère parler de ce que je connais. Mais le problème est le même dans tous les autres pays de l'Europe. La preuve la plus proche est ce site qui, s'il tolère le français, reste majoritairement en anglais, et exclu complètement tous les socialistes européens qui ne parlent aucune de ces deux langues.
L'anglais est aujourd'hui la langue la plus comprise (à ne pas confondre avec la langue la mieux comprise) partout dans le monde. Mais il reste encore au moins 4 personnes sur 5 qui ne la comprennent pas. Chez moi, cela fait une majorité.
Aujourd'hui, 5% de la population mondiale est anglophone de naissance et impose aux 95% restant d'apprendre leur langue. Pendant que l'on dépense des millions d'euros et d'heures à enseigner cette langue (beaucoup plus difficile que ce que beaucoup pensent), les anglophones eux, ont tout loisir de dépenser leur argent dans les sciences, la culture ou même le social.
Aujourd'hui, la Grande-Bretagne gagne 1% de son PIB grâce à l'hégémonie de sa langue. Les autres pays européens paient. Pour la France, par exemple, cela représente 5 milliards d'euros par ans.
La langue anglaise, l'une des plus difficiles au monde, est génératrice de nombreux problèmes graves. On peut citer par exemple la plus grosse catastrophe aérienne de l'histoire de l'aviation (Ténériffe, 583 morts) ou plus récemment, en France, les sur-irradiés d'Épinal (et oui, c'est une chose qui n'est jamais rappelée lorsque les médias parlent de cette histoire, mais les problèmes de réglages sont dus en partie au fait que le logiciel de pilotage était en anglais).
Non, je ne souhaite pas mener un combat contre la langue anglaise, ni contre aucune langue. Que l'Europe possède une langue commune pour que l'on puisse se comprendre est une très bonne chose. Mais si l'on veut en éviter les dérives, nous ne devons pas choisir la langue d'un pays. Nous devons choisir une langue neutre, qui ne porte pas la culture d'un pays, qui est facile à apprendre, et qui n'avantagerait personne. En plus de 120 ans d'existence, l'espéranto, parlé quotidiennement par plusieurs millions de personnes à travers le monde, à fait ses preuve et me semble donc la langue la plus appropriée pour cela.
Mais voilà que je suis parti dans un long article à ce sujet qui me passionne. J'ai du mal à m'arrêter tellement j'ai à dire sur la comparaison de l'anglais et de l'espéranto. Alors plutôt que d'écrire encore des kilomètres de texte, je vous laisse vous renseigner par vous-même, et vous faire votre propre opinion. Voici quelques liens qui peuvent vous y aider :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Esp%C3%A9ranto
http://ps-esperanto.ouvaton.org/
Commentaires
1. Europe indépendante? Egalité des citoyens? par bernard Maurice
le lundi 1 septembre 2008 à 23h23
L'anglais s'est imposé comme "lingua franca" pour deux raisons principales.
Tout d'abord c'est la langue du numéro un du colonialisme au XIXème siècle, l'Angleterre, puis du principal néo-colonialisme au XXème siècle, lesUSA. Comme disait La Fontaine dans Le loup et l'agneau: "La raison du plus fort est toujours la meilleure".
Une deuxième raison est la désinformation sur l'esperanto, la langue internationale neutre parlée par plus d'un million de personnes dans plus de cent pays depuis plus de cent ans.
Depuis quelques années l'information sur Internet permet de lever partiellement ce silence. C'est par exemple la vingtième langue avec plus de cent mille articles dans l'encyclopédie libre Wikipedia. Quelques citations permettent de repérer des qualités importantes de l'esperanto.
Léon TOLSTOÏ, l'écrivain russe le plus célèbre souligne en 1894 sa facilité et ses avantages."J’ai trouvé l’espéranto très simple. Il est si facile qu’ayant reçu, il y a six ans, une grammaire, un dictionnaire et des articles de cet idiome, j’ai pu arriver, au bout de deux petites heures, sinon à l’écrire, du moins à lire couramment la langue. (...) Les sacrifices que fera tout homme de notre monde européen, en consacrant quelque temps à son étude sont tellement petits, et les résultats qui peuvent en découler tellement immenses, qu’on ne peut se refuser à faire cet essai."
Jean Jaurès (1859 - 1914), leader du socialisme français, hostile à la guerre, assassiné le 31 juillet 1914. Il souhaite son emploi par l'Internationale socialiste
Il proposa au Congrès de l’Internationale Socialiste de Stuttgart en 1907 l’emploi de l’espéranto pour les informations diffusées par l’Office Bruxellois de l’Internationale.
Inazo Nitobe (1862 - 1933) scientifique, membre de l’Académie Impériale du Japon souligne sa prononciation facile.Il participa au Congrès International d'Esperanto de Prague en 1921 pour se rendre compte de l’efficacité de la langue.
"On peut affirmer avec une certitude absolue que l’Espéranto est de huit à dix fois plus facile que n’importe quelle langue étrangère et qu’il est possible d’acquérir une parfaite élocution sans quitter son propre pays. Ceci est en soi un résultat très appréciable."
"Esperanto as an International Language" (1922). Rapport réalisé en tant que Secrétaire Général de la Société des Nations.
Henri Barbusse (1873 1935) écrivain français; dans "Le Feu" (1916, prix Goncourt) , il dénonca l’horreur de la guerre de 1914-1918. Il souligne le rôle initiateur clé d'une langue internationale.
"Ceux qui ont conçu l’idée d’une langue internationale, ont eu cette gloire et ce génie d’entreprendre l’union des Hommes par le commencement.
Il ne faut pas dire : il y a des choses plus importantes et plus urgentes à faire que d’apprendre l’Espéranto. On n’a plus le droit de différer cette mission commune qui se présente à chacun."
Léon Blum (1872 - 1950) y voit un facteur essentiel de paix.
"Je voudrais que dans tous les villages et dans toutes les villes, on enseigne l’Espéranto qui serait un facteur pour l’entente des peuples et le plus sûr moyen pour maintenir la paix universelle."
Maurice Genevoix (1890 - 1980), écrivain français prix Goncourt 1925, Académie française en 1946. Il considère sa clarté d'expression, son esthétique et sa neutalité. Interview à la radio sur la chaîne nationale par Pierre Delaire, le 18 février 1955. Quelques extraits :
"Ce que je souhaite, et ce que je souhaite vivement, ce que je souhaite de tout mon cœur, c’est que les nations se soucient d’abord de tout ce qui peut les rapprocher, de tout ce qui peut les amener à une compréhension et à une tolérance mutuelle - et dans ce domaine-là une seconde langue, vraiment internationale et commune, peut être - cela va de soi - d’extrême conséquence, d’une bienfaisance sans prix, pour les générations à venir...
L’espéranto n’est pas du tout une langue uniforme, une langue robot, mais, au contraire, une langue naturelle et souple...
L’espéranto est en mesure d’exprimer les nuances les plus subtiles de la pensée et du sentiment, elle est propre à permettre, par conséquent, l’expression la plus juste, la plus littéraire, la plus esthétique et de nature à satisfaire les esprits les plus ombrageux et les plus particularistes, et il ne peut pas porter ombrage aux fidèles des langues nationales..."
Jean XXIII (1881 - 1963), pape de 1953 à 1963. Dans un souci d’aggiornamento ("mise à jour") de l’Église, il convoqua le second concile œcuménique du Vatican et publia notamment l’encyclique Pacem in terris (1963). Il souligne son actualité.
L’Espéranto est la langue universelle de notre époque.
Robert Kennedy (1925 - 1968), homme politique américain, attorney général, frère de John Fitzgerald Kennedy. Il fut assassiné alors qu’il était candidat à la présidence des États-Unis.
Sénateur américain. Il souligne l'utilité d'une langue internationale neutre.
C’est très probable qu’une langue neutre serait plus utile comme moyen de communication entre les diverses nations du monde. L’Espéranto est déjà depuis longtemps l’un des principaux candidats à cette fonction.
pour Willy Brandt (1913 - 1992), chef du parti social-démocrate SPD (1964 à 1987), chancelier de la R.F.A. de 1969 à 1974. Président de l’Internationale socialiste de 1976 à 1992. Prix Nobel de la paix 1971: l'importance de l'intercompréhension et le rôle clé des institutions internationales
"En août 1970, il témoigne, une fois de plus, sa sympathie aux efforts des travailleurs espérantistes par le télégramme suivant :
Aux participants du XLIIIe congrès universel des travailleurs espérantistes, j’adresse mes cordiales salutations. Je me réjouis du grand nombre d’hôtes d’Europe et d’autres continents réunis à Augsbourg. Le but de l’intercompréhension pacifique au-delà des conceptions diverses et des frontières mérite le soutien de toutes les forces spirituelles et politiques.
À une autre occasion :
Les succès de l’Espéranto sont reconnus par l’UNESCO. Que l’ONU veuille bien insister avec efficacité pour que l’on poursuive l’œuvre commencée par le Docteur Zamenhof."
Franz Jonas (1899 - 1974) président social-démocrate de la République autrichienne de 1949 à 1974, espérantiste. Il critique les vieilles méthodes inadéquates de communication internationale.
Il salua la presse mondiale en espéranto lors de sa visite à Paris en avril 1972.
Bien que la vie internationale devienne toujours plus intense, le monde officiel perpétue les vieilles et inadéquates méthodes de compréhension linguistique
Discours prononcé en espéranto en 1970, pour l’inauguration du Congrès Universel de Vienne
Umberto ECO en 1994 souligne sa construction intelligente
J’ai étudié la grammaire de l’espéranto - ça ne veut pas dire que j’ai appris à le parler - et j’ai constaté que c’est une langue construite avec intelligence et qui a une histoire très belle.
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