Russie et démocratie dirigée

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Publié mercredi 3 octobre 2007 à 22h54
par carl0s Devenir militant(e) du PSE (vu 1243 fois et 3 commentaires)

On entend dire que la Russie pourrait être décrite à présent comme une ‘démocratie dirigée’. Le contrôle des médias et de l’appareil de l’état aurait influencé l’électorat de telle façon que le débat démocratique existe dans un cadre de critères prédéfinis.

Le président Putin, qui semble rester populaire de toute façon, peut affirmer que de nombreuses démocraties occidentales fonctionnent également de façon semblable. Les paramètres qu’elles utilisent sont souvent déterminés par l’accès à l’argent et aux médias, qui à leur tour défendent souvent une idéologie implicitement ou explicitement. Les présidents de « Cola » qui ont fait que les différentes compagnies de boissons non alcoolisées soutiennent des candidats présidentiels aux Etats-Unis sont un exemple. Bien sûr, ces entreprises négocient généralement une ouverture de nouveaux marchés outre-mer pour leurs produits. L’idéologie implicite est donc le libre marché et ces compagnies obtiennent leur droit de vendre des boissons pétillantes aux pays pauvres.

Dans un tel environnement, l’UE doit-elle essayer de réduire la concentration de pouvoir politique dans les mains des corporations et doit-elle tenter de réglementer tout le lobby d’entreprise sous sa juridiction ? Faut-il adopter des lois pour garantir la pluralité des médias et empêcher les barons de la presse d’avoir sous leur contrôle de grands pans des médias?

L’UE ne peut que montrer l’exemple au reste du monde, puisque la démocratie parfaite n’existe pour ainsi dire pas. Mais si nous voulons sérieusement que l’UE soit une référence en matière de normes démocratiques, il faut examiner la façon dont nos électorats sont influencés. Le résultat final de ce processus ne peut être qu’une UE plus forte où les représentants nationaux et régionaux sont en phase avec ceux et celles qui les ont élus. Pour l’instant, la brèche ente gouvernants et gouvernés semble être une véritable abîme.

Tags: démocratie, média, Russie


Commentaires

1. Europe is not flawless par editor le vendredi 5 octobre 2007 à 12h54

Thank you very much for your contribution. It certainly is an exciting topic and, given the latest events, the timing could not be more appropriate! The democratic deficit in Russia and the centralisation and concentration of power are matters of concern for several members of the international community. Human rights and civil society, including freedom of speech, media independence, operational rules of NGOs and xenophobia, are some of the issues raised in debates about Russia at present. Russia, for its part, points to prejudice and counters critiques arguing they do not reflect reality. The killing of journalist Anna Politkovskaya, the new law allowing monitoring of foreign and domestic NGOs to allegedly stop foreign governments’ interference and the death of former Russian security officer Alexander Litvinenko have added further doubts as to the current situation. President Vladimir Putin recent declaration to be the leading candidate of Russia's dominant political party in parliamentary elections in December, with the possibility of becoming the country's prime minister next year, provides additional ground for critics. Looking at these developments, conclusions can be worrying. It is also true, however, that the spotlight is rarely pointed to EU member states, which have on some occasions shown they not always are flawless democracies with impeccable records. And this point is very eloquently expressed in discussions between the EU and Russia within the OSCE on the human dimension, the location of missions and monitoring. What should the PES manifesto say about strengthening democracy in Europe? Let us know your thoughts!

2. A few ideas... par carl0s Devenir militant(e) du PSE le dimanche 7 octobre 2007 à 13h50

Essentially he charge here is that the EU and the US is guilty of hypocrisy. Combined with the dubious nature of "The War On Terror" this is an idea that has currency in the wider world. To answer this, the EU should ask member states to submit the whole electoral process to scrutiny. Each state can be given marks for: Media balance - The balance of broadcast media, state and independent. How ownership is concentrated, and how bias is monitored. External influences - the extent to which policy is influenced by non-EU member states, and the implications for domestic politics. Financial interests - the extent to which governments interests are coloured by commercial connections, and how various interests access is provided to the top levels of government. Internal politics - the extent to which political parties allow participation in their policy-making process. After a score is provided, the EU can make recommendations, in some cases, with the option of sanctions or fines. And this would give us a basis to criticise !

3. Utopia par Muriel le vendredi 19 octobre 2007 à 10h25

Ces questions nous amènent à nous pencher sur les bases mêmes de la démocratie. Il semble évident que le régime russe dans sa forme actuelle n'est pas ce que l'on peut communément appeler un régime démocratique, pour toutes les raisons exposées ci-dessus. Il est également vrai que certains pays européens prennent une voie dans la direction opposée d'un approfondissement de la démocratie. Nous devons rester vigilants face à ce phénomène, car, bien souvent, nous avons tendance à nous habituer à cette évolution qui se fait en douceur, suivant l'évolution des changements sociétaux en eux-mêmes. C'est un peu le principe de la grenouille dans l'eau bouillante: si l'on place une grenouille dans l'eau bouillante, elle aura le réflexe de s'évader immédiatement, réflexe de survie. Par contre, si on la place dans l'eau froide, en faisant chauffer l'eau lentement, la grenouille se fait à la température et peut rester dans l'eau bouillante sans bouger, à l'agonie. C'est aussi ce qui se passe dans nos démocraties actuelles. Si, au sortir de la guerre, nous avions été confrontés aux régimes actuels, un sursaut populaire aurait tenté de tirer la sonnette d'alarme et de réformer le système. Par contre, soixante ans plus tard, notre conception de la démocratie a changé et nous assistons sans broncher à une radicalisation de certains régimes. L'idée de Car10s, de fixer des critères, semble attrayante. Mais elle semble aussi fort utopique. Il faudrait pour cela se mettre d'accord sur une définition commune des différents critères qui constitueraient une démocratie. Or, les différences de culture, d'histoire propre à chaque pays, et de réalité du terrain semblent être un obstacle non négligeable à un tel processus. Il ne faut pas pour autant baisser les bras et être frappé d'un fatalisme immobilisant. Il faudrait plutôt définir des conditions basiques des régimes démocratiques et, dans une mesure qui pourrait être définie par chaque pays avec une certaine liberté adaptée à sa réalité, les imposer aux pays membres. Il faudrait ensuite effectivement faire un bilan régulier de ces questions. La démocratie ne doit pas être associée à la liberté totale. Les régimes démocratiques doivent parfois prendre des mesures contraignantes pour assurer leur propre survie. Mais cela est déjà problématique dans le cadre uniquement national, imaginons le cadre supranational! Bref, un long chemin reste à parcourrir...

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