L'Europe et les nations européennes

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Publié mardi 11 décembre 2007 à 12h47
par pierre-carole (vu 977 fois et 0 commentaires)

L’Union Européenne connaît un déficit démocratique si important que son avenir est sans doute en danger. La voie pragmatique et économique proposée par les fondateurs de l’Europe suite à l’échec d’une première tentative de construction politique par la Communauté Européenne de Défense a permis aux peuples d’Europe de connaître la paix, d’apaiser les conflits et les inimitiés entre les peuples et d’atteindre un niveau de vie inconnue à ce jour. Cette méthode a maintenant atteint ces limites, avec l’intégration des nouveaux pays de l’Europe de l’Est. La recherche de la prospérité économique, qui n’était que l’heureuse conséquence de la construction européenne initiale, est devenu la seule motivation et le seul ciment de l’Europe. Celle-ci est maintenant très proche d’une simple zone de libre échange où chaque pays défend aux mieux ses intérêts, passe des accords et établit des alliances opportunistes et sans lendemain. Dans ce jeu là les chefs d’Etats et leurs conseillers, les structures européennes et leurs experts, se retrouvent au cœur du pouvoir politique et en excluent de fait les citoyens européens. Ceux-ci subissent l’Europe plus qu’ils ne la désirent et mêmes les décisions les plus porteuses d’avenir, comment les mesures concernant l’écologie, la recherche, les échanges universitaires, les indifférent car elles sont prise en dehors d’eux et sans le nécessaire débat qui seul légitime les décisions. Pour conserver un avenir, et avant qu’elle ne soit définitivement rangée parmi les autres grandes idées généreuses ayant échouées, l’Europe doit très rapidement combler se déficit démocratique en se dotant d’une véritable assemblée parlementaire, d’un exécutif choisi par les citoyens et de structures et de méthodes de concertation, de consultation et de débats entre tous les citoyens européens. La définition des frontières de l’Europe, la défense commune et les relations extérieures, la fiscalité, les différents domaines de compétences sont des débats qui nécessitent du dialogue, beaucoup d’échanges d’informations et même des évolutions de mentalités qui, toutes, ont besoin de temps pour s’exprimer. La lenteur et la profondeur des débats sont nécessaires au bon fonctionnement de la démocratie. Et qui ne voudrait pas d’un Europe démocratique ? L’Europe ne pourra se faire que si parallèlement les nationalités européennes disparaissent au profit d’une communauté de peuple bâtissant volontairement ensemble un avenir commun.

La nation est un concept provisoire qui s’est substitué au souverain en s’affirmant par rapport au monde extérieur. S’appuyant sur un groupe, une histoire commune, une association politique ou une forme de gouvernement elle n’existe que par opposition à d’autres et par la mise en exergue des différences. Pour cela elle est potentiellement porteuse de conflits et d’exclusions même si, à l’intérieur d’un pays, elle peut fédérer et mobiliser les énergies. Intimement liée à un territoire et à des traditions la nation ne coïncide jamais vraiment à la zone de diffusion d’une culture. Elle est appelée à disparaître soit par délitement des états, pronostiqué par le libéralisme, soit par l’avancée du progrès social, souhaité par la sociale démocratie.

Tags: citoyens, démocratie, UE


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