Contre la pauvreté des travailleurs, la campagne du PSE doit plus que jamais promouvoir un salaire minimum européen!

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Published Thursday, May 15, 2008 at 10:20
by amandinecrespy Join PES activists (483 views and 0 comments)

Les « travailleurs pauvres » ne sont pas des gens qui gagnent un petit salaire. Les « travailleurs pauvres » sont des gens qui ne peuvent pas vivre de leur travail, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas se nourrir, payer la cantine scolaire de leurs enfants, ou se loger décemment. Les signes d’une forte poussée de la pauvreté dans la plupart des pays européens sont alarmants. De plus en plus de gens qui travaillent habitent dans des caravanes ou même des bidonvilles nouvelle génération en périphérie des grandes villes, vont faire la queue aux distributions de vivre par des organisations de charité, ou cumulent – de manière illégale – deux jobs et travaillent bien plus de quarante heures semaine pour pouvoir joindre les deux bouts. Dans de nombreux pays européens, le niveau des salaires n’est pas connecté à la réalité du coût de la vie. Il n’est pas tolérable que des gens qui travaillent et payent des impôts soient relégués au rang d’indigents parce que, sous les conditions du capitalisme global d’aujourd’hui, la pression est mise principalement sur le coût du travail.

Face à ces problèmes, le salaire minimum n’est pas « has been ». Pour enrayer la pauvreté des travailleurs, le gouvernement britannique l’a introduit en 1999. En Allemagne, alors que la négociation du salaire (appelé tarif) fut longtemps considéré comme un droit exclusif des partenaires sociaux dans le cadre de la négociation collective, des débats enfiévrés au sujet de l’introduction d’un salaire minimum légal secouent la grande coalition. Un argument classique des adversaires du salaire minimum consiste à dire que celui-ci freine la création d'emplois. Mais quel genre d'emplois voulons-nous créer? ceux qui ne permettent pas aux gens de vivre? Face à la dictature de la croissance (que nos dirigeants attendent comme le messie), il faut rétablir les priorités là où elles sont, et refuser la paupérisation de sociétés qui avaient atteint des niveaux de bien-être relativement satisfaisants, et cela sous prétexte de la "contrainte extérieure".

Le mouvement en faveur d’un salaire minimum existe, il faut le promouvoir au niveau européen ! Les débats conflictuels autour de la directive services, de la question du détachement des travailleurs et de l’élargissement ont montré à quel point ces questions sont sensibles dans l’Europe à 27. Seul un salaire minimum (fixé à un niveau relatif en fonction des réalités dans les différents Etats membres) peut limiter le dumping salarial et ouvrir la voir vers la convergence européenne en matière de standards salariaux et sociaux. De quel droit refuse-t-on aux nouveaux Etats-membres de l'Union la marche vers les acquis sociaux ? Pourquoi les condamnerait-on à avoir pour tout avantage compétitif le bas coût de leur main doeuvre, c'est-à-dire l'exploitation du travail humain?

 

De plus, face à la flambée d’inflation qui touche l’Europe, le mécanisme d’indexation automatique des salaires sur l’inflation en place (uniquement) en Belgique, doit servir de modèle en matière de lutte contre la pauvreté des travailleurs. La Belgique ne s'en trouve pas appauvrie, et elle est même engagée dans une réduction de sa dette depuis de nombreuses années. A méditer!

Le salaire minimum est un outil collectif concret qui peut redonner du sens à l'Europe sociale tant invoquée et qui a déjà tant déçu. Il doit être promu comme un thème central du Programme du PSE et de sa campagne pour les élections européennes de 2009.

 

Il s’agit d’une bataille profondément sociale et profondément européenne.

Tags: poverty, wages, workers


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